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Chantal van den Broek-Blaak : « On ne peut comparer Roubaix à aucune autre course »

22 septembre 2021 - 11:19

Elles en sont déjà secouées. Les coureuses du peloton féminin s’apprêtent à disputer la première édition de Paris-Roubaix Femmes, samedi 2 octobre prochain, après avoir déjà espéré faire leurs grands débuts sur les pavés du Nord en octobre 2020, puis au printemps dernier. À l’heure des questions sur les favorites de cette édition inaugurale, on peut s’interroger sur les qualités nécessaires pour y briller, sont-elles exactement les mêmes que chez les hommes ? Cinq d’entre elles, particulièrement motivées par cette échéance, détaillent leur rapport à la Reine des classiques et se projettent vers ce baptême du pavé. Sacrée sur le Tour des Flandres voisin en 2020, la Championne du Monde 2017 Chantal van den Broek-Blaak espère que son instinct et son expérience pourront faire la différence dans une course où « tout peut arriver ».

Chantal van den Broek-Blaak (SD Worx)
Née le 22 octobre à Rotterdam (Hollande-Méridionale, Pays-Bas)
Equipes successives : AA Drink - Leontien.nl (2008-2012), Tibco - To the top (2013), Specialized-Lululemon (2014), Boels Dolmans (2015-2020), SD Worx (2021)
Principaux résultats :
2014 : vainqueure du Drentse 8 van Dwingeloo et de l'Open de Suède Vårgårda
2015 : vainqueure du Samyn des Dames
2016 : vainqueure du Samyn des Dames, Ronde van Drenthe, Gent-Wevelgem et Boels Rental Ladies Tour
2017 : Championne du Monde, Championne des Pays-Bas
2018 : Championne des Pays-Bas, vainqueure de l'Amstel Gold Race
2019 : vainqueure de l'Omloop Het Nieuwsblad
2020 : vainqueure du Samyn des Dames et du Tour des Flandres
2021 : vainqueure des Strade Bianche et du Simac Ladies Tour
Signe particulier : au sommet de son art à 31 ans, Chantal van den Broek-Blaak a déjà annoncé qu'elle prendrait sa retraite à la fin de la saison 2022, un an après sa coéquipière de longue date Anna van der Breggen. Elles doivent intégrer l’encadrement de l’équipe SD Worx.

23 September 2017  Road World Championships (Bergen, Norway)  Women Elite  1st : BLAAK Chantal (NED)  Photo : Yuzuru SUNADA
23 September 2017 Road World Championships (Bergen, Norway) Women Elite 1st : BLAAK Chantal (NED) Photo : Yuzuru SUNADA © PRESSE SPORTS
23 September 2017  Road World Championships (Bergen, Norway)  Women Elite  1st : BLAAK Chantal (NED)  Photo : Yuzuru SUNADA
23 September 2017 Road World Championships (Bergen, Norway) Women Elite 1st : BLAAK Chantal (NED) Photo : Yuzuru SUNADA © PRESSE SPORTS
22/04/2018 - LIEGE BASTOGNE LIEGE FEMMES - PHOTO ETIENNE GARNIER - Chantal Blaak
22/04/2018 - LIEGE BASTOGNE LIEGE FEMMES - PHOTO ETIENNE GARNIER - Chantal Blaak © PRESSE SPORTS

ILS L’ONT FAIT RÊVER
En tant que « coureuse de classiques », Chantal van den Broek-Blaak espère depuis des années relever les défis uniques de Paris-Roubaix. « C'est un parcours super cool, une grande course  d'un jour, ça me correspond et j'attendais ce moment », reconnaît-elle avant la première édition de l'épreuve féminine. « Je regarde toujours la course des hommes », dit-elle, « et vous pouvez voir que c'est une pure classique. Vous pouvez voir que c'est dur et on ne peut pas la comparer avec quoi que ce soit d'autre. Donc j'ai des sentiments mitigés : je suis super excitée mais d'un autre côté c'est aussi un peu effrayant. » Van den Broek-Blaak, experte des épreuves éreintantes, a été impressionnée par l’intensité des courses en direction de Roubaix, et notamment par l'exploit de Mathew Hayman en 2016, lorsqu'il a triomphé au vélodrome devant la légende belge Tom Boonen malgré une fracture du bras six semaines plus tôt : « Si tu ne peux pas courir aussi longtemps, que tu te prépares à domicile et que tu gagnes, c'est classe ! »

TAILLÉE POUR LES PAVÉS
Habituée à briller dans les classiques du printemps, Chantal van den Broek-Blaak espère pouvoir aussi dompter les pavés à l'automne. « Ça demande de la puissance, et je suis une coureuse plus costaude », explique-t-elle. « Normalement, je suis bonne dans les courses très difficiles, quand ça a été dur toute la journée et qu'il y a un final corsé à venir. Roubaix, que la course soit rapide ou lente, vous serez forcément épuisée à la fin. Je pense que cela en fait une bonne course pour moi. » La Néerlandaise, qui dispute sa 14e saison professionnelle, peut aussi mettre à profit son expérience pour apprivoiser une course nerveuse qui requiert des capacités spécifiques : « Il faut un mélange de puissance et d'habileté. Je ne suis pas mauvaise pour rouler sur les pavés, mais je ne suis pas non plus la meilleure. Ce n'est pas comme si j'étais une coureuse de cyclo-cross qui passe son temps à sauter sur le vélo. Je ne vais pas faire comme Marianne Vos ! Mais je n'ai pas peur, alors c'est une bonne chose. »

SE PRÉPARER À TREMBLER
Forte de son expérience, Chantal van den Broek-Blaak l’assure : « On ne peut comparer les pavés de Roubaix à aucune autre course. Je prends toujours l'exemple des Flandres, mais sur le Ronde, si tu es vide, tu peux toujours essayer de t’en sortir, alors qu’à Roubaix, c'est impossible. C'est plat et il n'y a pas beaucoup de temps morts entre les secteurs. Et les pavés sont vraiment difficiles, ça rebondit. Donc quand vous n’avez plus de force, vous perdez vraiment beaucoup de vitesse. » La championne néerlandaise a déjà effectué deux reconnaissances pour se familiariser avec les défis menant à Roubaix et tester du matériel spécifique. « Mais nous avons eu du beau temps, avec beaucoup de poussière, et cela me rend un peu nerveuse car on peut avoir une course boueuse en octobre. C'est pour ça que j’y retourne vite après les Mondiaux pour me préparer au maximum. Tu peux t'entraîner physiquement, tu peux préparer ton matériel, tu peux te préparer mentalement, parce que tu sais que ça va être dur, et puis tu dois accepter que tout peut arriver à Paris-Roubaix. »

LE SCÉNARIO IDÉAL
Avec ses qualités de résistance, Chantal van den Broek-Blaak a remporté la plupart de ses 25 victoires professionnelles dans des petits groupes ou en solitaire, après avoir profité des difficultés de la journée pour distancer toutes ses rivales. « Le solo serait génial », anticipe-t-elle en riant avant de se présenter sur le vélodrome de Roubaix. « Mais je ne peux jamais prédire une course, ce sont des sensations, et j'espère avoir à nouveau le bon instinct à Roubaix. Je suis normalement à mon meilleur quand tout le monde est épuisé. Que la course soit difficile, et je serai déjà contente. » Tactiquement, « ça n'a aucun sens de copier la course des hommes », dit-elle, même si elle est inspirée par les nombreux scénarios vus dans les éditions précédentes : « Nous avons vu que c'est une course où tout est possible. Vous pouvez gagner en prenant l’échappée. Vous pouvez être dans la meilleure position et avoir une crevaison ou une chute. Vous pouvez être distancée et revenir pour la victoire. Je vais tout faire et j'espère avoir de bonnes jambes et un peu de chance ! »


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