Les infos à J-1
11 avril 2026 - 18:03
La 6e édition de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France promet une grande bataille avec l’ajout de trois nouveaux secteurs pavés en début de course (30,7 km au total), un vent portant et des conditions sèches pour les 140,3 km de course depuis Denain.
Parmi les 121 participantes, Alison Jackson (vainqueure en 2023), Lotte Kopecky (2024) et Pauline Ferrand-Prévot (2025) rêvent d’un nouveau triomphe dans le vélodrome André Pétrieux.
La concurrence est fournie, de l’expérimentée Marianne Vos à la jeunesse Britannique incarnée par Zoe Bäckstedt et Cat Ferguson, en passant par Franziska Koch et Élise Chabbey. « C’est le genre de courses qui écrivent l’histoire de notre sport », s’enthousiasme le manager général de l’équipe FDJ United-Suez.
PLUS DE PAVÉS (SECS) POUR ENCORE PLUS D’ACTION
Les coureuses qui ont passé la semaine à scruter la météo ont peut-être été rassurées par les dernières prévisions. « La pluie qui était annoncée dimanche s’est décalée à samedi », explique Franck Perque, directeur de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France, qui détaille les conditions attendues pour la 6e édition féminine de l’Enfer du Nord : « Il y a quelques gouttes mais le vent va sécher les pavés. Les conditions devraient être idéales avec des pavés secs, une température un peu plus sèche et une allure qui devrait être rapide. Le vent sera de face jusqu’à Solesmes, où on entamera notre remontée avec un vent portant sur les pavés. »
Épargné par la pluie, le peloton sera en revanche soumis à un parcours musclé par l’ajout de trois secteurs (20 au total, contre 17 en 2025), pour un total de 33,7 km pavés (29,2 l’an dernier) sur les 143,1 km de course (148,5 km en 2025). « On avait pour habitude de faire des tours de circuit à Denain », explique Perque. « Cette année, on part vers le sud pour allonger la distance sur les pavés, qui interviennent plus tôt dans la course. Et parmi les nouveautés, il y a le secteur de Haveluy qui va être un moment très important. Il va falloir être hyper vigilant, avec un positionnement impeccable, avant d’enchaîner à Hornaing, Sars-et-Rosières… Quand on arrivera à Beuvry-la-Forêt, au km 75, beaucoup de choses se seront déjà passées. »
DOUBLER LA MISE À ROUBAIX, MISSION IMPOSSIBLE ? « IL FAUT ACCEPTER LE CHAOS »
Les cinq premières éditions de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France ont couronné cinq championnes différentes. La pionnière Lizzie Deignan est aujourd’hui retraitée. Elisa Longo Borghini, qui lui avait succédé en 2022, a dû déclarer forfait (malade). Les trois autres vainqueures de l’Enfer du Nord seront présentes dimanche pour viser un nouveau triomphe : Alison Jackson (St Michel - Preference Home - Auber93), Lotte Kopecky (SD Worx-Protime) et la tenante du titre Pauline Ferrand-Prévot (Visma-Lease a Bike).
« On ne sait jamais à quoi s’attendre à Roubaix et c’est ce qui rend cette course si fascinante », explique Jackson. « Chaque secteur est différent. Il faut rester pleinement alerte à tout moment et s’adapter à chaque facteur. » Interrogée sur l’absence de récidiviste sur la plus haute marche du podium de la Reine des Classiques, Jackson ajoute : « Pour réussir ici, il faut accepter le chaos. Il y a beaucoup de choses qui peuvent bouleverser une course et qui échappent à votre contrôle. Tout doit s’aligner le jour même. Les jambes, l’équipement, les conditions de course et un peu de chance aussi. »
Alors, qui sera la première double vainqueure dans l’Enfer du Nord ? « J’espère que ce sera moi ! Je suis convaincue que je peux gagner à nouveau – et pourquoi pas ! Nous avons fait les repérages, le travail est fait, il ne reste plus que la course. Je suis prête à encaisser les coups. »
FERRAND-PRÉVOT ET KOPECKY ONT FAIM DE PAVÉS
Si Alison Jackson a changé d'équipe depuis sa victoire en 2023 sous les couleurs d’EF Education-TIBCO-SVB, Pauline Ferrand-Prévot (Visma - Lease a Bike) et Lotte Kopecky (SD Worx – Protime) représentent toujours dans les structures qui les ont accompagnées vers la victoire à Roubaix.
Chez Visma-Lease a Bike, le directeur sportif Jan Boven se réjouit de la participation de dernière minute de la vainqueure sortante, accompagnée de Marianne Vos : « Je pense qu’on peut avoir de grandes attentes. Pauline a terminé deuxième la semaine dernière au Tour des Flandres. Et puis, le fait de retrouver les pavés et l’ambiance de la course, ça lui a vraiment fait plaisir. Elle n’était pas rassasiée. Nous avons donc deux très bonnes leaders. » L’an dernier, leur association avait fait merveille avec l’offensive de Ferrand-Prévot pendant que Vos contrôlait leurs rivales. Et en 2026 ? « Un peu le même plan, mais peut-être en inversant la leader et la gagnante ! Ce serait bien pour Marianne, mais cela ne dépend pas uniquement de nous. »
Kopecky est pour sa part associée à Lorena Wiebes (3e l’an dernier) pour reconquérir l’Enfer du Nord. « Nous avons souvent plusieurs cartes à jouer », confirme le DS Christian Kos. « Lorena a fait une grosse chute la semaine dernière, nous devons donc voir comment elle se sent. Demain, Lotte sera notre leader principale ; elle se sent bien et est en forme. À ses côtés, nous avons également Blanka Vas, qui est très à l’aise sur le vélo et qui, dans un grand jour, peut même prétendre à la victoire. Il y a aussi Femke Markus, qui est déjà passée près du podium. Globalement, nous avons donc une équipe vraiment solide ici. »
CHABBEY, KOCH… LES FDJ UNITED-SUEZ « ONT UN PLAN A ET UN PLAN B »
Parmi les équipes les plus puissantes du peloton, FDJ United-Suez n’a encore jamais connu les joies du podium de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France. Une petite anomalie que la formation française entend bien réparer ce dimanche, une semaine après le triomphe de Demi Vollering dans les Flandres. « C’est le genre de courses qui écrivent l’histoire de notre sport, le genre de courses qui font qu’on se lève chaque matin pour travailler dur », s’enthousiasme le manager général de l’équipe, Stephen Delcourt. « Et quand on sort d’un tel Tour des Flandres, on arrive avec beaucoup d’ambitions. On se présente, comme à chaque course, avec le collectif le plus fort possible. »
« On a toujours un plan A et un plan B », poursuit Delcourt, qui cite en premier lieu Franziska Koch (7e à Roubaix en 2021) et Élise Chabbey (4e en 2022, 7e en 2025), toutes deux déterminantes dans la victoire de Vollering il y a une semaine. La Suissesse a également impressionné en remportant les Strade Bianche, devant Kasia Niewiadoma… et Koch, 3e à Sienne. Sur les pavés de l’Enfer du Nord, elles seront accompagnées de la prodige française Celia Gery, pour sa première participation, et trois autres coureuses qui ont déjà vu Roubaix : Amber Kraak (5e en 2024), Vittoria Guazzini et Jade Wiel. « Je sais qu’il y a des équipes où Paris-Roubaix fait peur, mais elles, elles sont ultra-prêtes », se réjouit Delcourt.
L’ENFER DU NORD INSPIRE LA JEUNESSE BRITANNIQUE
Deux des jeunes talents les plus prometteurs du cyclisme britannique, Zoe Bäckstedt (Canyon//Sram zondacrypto) et Cat Ferguson (Movistar Team), se présentent avec de grandes ambitions qui pourraient leur permettre de devenir la plus jeune coureuse à monter sur le podium de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France… un record établi par leur compatriote Pfeiffer Georgi (3e en 2024 à 23 ans). À 21 ans, la fille de Magnus Bäckstedt (vainqueur de la course masculine en 2004) a déjà rallié le vélodrome roubaisien à trois reprises. Cette année, elle fait figure de véritable prétendante à la victoire une semaine après sa 5e place sur le Tour des Flandres.
De son côté, Ferguson, n’a pas terminé la course l’année dernière, sa première participation s’étant soldée par une chute sur les pavés suite à une collision avec un spectateur. Mais elle a attiré l’attention grâce à plusieurs bons résultats cette saison, notamment à l’Omloop Nieuwsblad (4e), À travers la Flandre (6e), tout en finissant dans le top 20 de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres. « Je me sens vraiment prête et impatiente de courir Paris-Roubaix », déclare la jeune coureuse. « Nous avons fourni beaucoup d’efforts avec l’équipe pour être parfaitement prêtes pour les pavés de l’Enfer du Nord, avec de nombreuses reconnaissances et des essais de pression des pneus. C’est une course qui demande un engagement total, où chaque détail compte. Les possibilités sont infinies, ce qui en fait, pour moi, une des courses les plus passionnantes du calendrier. »